Qu’est-ce que tu vas faire là-bas ? C’est la question qui revenait tout le temps lorsque j’annonçais à mes amis que je me rendais en Terre Sainte chez les Assomptionnistes. Finalement, c’est un peu le fruit du hasard qui m’a mené jusqu’à Saint- Pierre en Gallicante, sanctuaire et lieu saint qui a vu Pierre renier le Christ par trois fois avant le chant du coq et l’emprisonnement du Christ par le Grand prêtre Caïphe.
J’avoue que je ne savais pas trop à quoi m’attendre en arrivant dans cette ville qui abrite les trois religions monothéistes mais aussi le poids de l’histoire, ancienne mais aussi contemporaine. Si la tension est palpable, les personnes qui font vivre ces lieux et la terre sainte, sont la véritable richesse de cette ville aux mille et une vies. Mon travail et ma vie avec les assomptionnistes était une très belle expérience qui m’a permis de découvrir la vie en communauté au rythme des visites de pèlerins, des temps de prières ainsi que des moments conviviaux dans un lieu hors du commun. J’ai pu découvrir à mon rythme l’histoire extraordinaire de cette ville mais aussi d’Israël et de la Palestine qui compte d’innombrables sanctuaires et lieux qui témoignent de la vie de l’évangile de l’époque mais aussi les sources des textes bibliques.
Malgré les grandes tensions, j’ai ressenti que l’espérance et le mystère de la foi étaient toujours présents. Si les pierres racontent une histoire, ce sont surtout les rencontres que j’ai faites au cours de ce voyage qui ont façonné mon cheminement. Dans un pays ou beaucoup de choses paraissent inamovibles, des femmes et des hommes religieux ou non, de toutes confessions cherchent sans cesse à travers l’amour de l’Autre à trouver la paix et le pardon. Ce message fort résonne tout particulièrement avec Saint-Pierre en Gallicante, et notamment sa porte d’église en bronze, dessinée, façonnée et fondue par trois personnes de confession différente, juive, chrétienne et musulmane. Cet aspect m’a beaucoup marqué et restera avec moi dans la suite de ma vie spirituelle.

